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Jean Rouch

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Jean Rouch "Le sorcier blanc du cinéma nigérienest un réalisateur et un ethnologue français, né le 31 mai1917 à Paris et mort le 18 février 2004 au Niger. Il est particulièrement connu pour sa pratique du cinéma direct et pour ses films ethnographiques sur des peuples africains tels que les Dogons et leurs coutumes. Considéré comme le créateur de l'ethno-fiction, un sous-genre de la docu-fiction, il est l'un des théoriciens et fondateurs de l'anthropologie visuelle.

Jean Rouch est le fils de Jules Rouch, météorologue, explorateur et directeur du musée océanographique de Monaco. Après une formation d’ingénieur à l'École nationale des Ponts et Chaussées, Jean se fait enrôler avec deux camarades de promotion, Jean Sauvy et Pierre Ponty, comme ingénieur des travaux publics en Afrique. Rouch est affecté au Niger où il construit des routes et des ponts. Après la mort d’ouvriers foudroyés sur un chantier, Rouch découvre les mystères de la religion et de la magie songhaï. Il se consacre alors à l'ethnographie. Après avoir été expulsé de la colonie du Niger, il prépare à Dakar les campagnes militaires de libération, puis rejoint la 2ème division blindée du Général Leclerc et entre avec les armées alliées dans Berlin en 1945.

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De retour en France, il suit les cours d'ethnologie de Marcel Mauss et de Marcel Griaule, puis repart, en 1946, en Afrique avec Jean Sauvy et Pierre Ponty pour descendre en pirogue les 4. 200 km du fleuve Niger, de sa source jusqu’à l’océan Atlantique. Après cet exploit, il effectue d’autres missions, tourne des films et soutient sa thèse avec son maître Marcel Griaule, lui-même pionnier du cinéma ethnographique. En 1953, chargé de recherches au CNRS, il crée (avec Henri Langlois, Enrico Fulchignoni, Marcel Griaule, André Leroi-Gourhan et Claude Lévi-Strauss) le Comité du film ethnographique, qui siège au Musée de l'Homme à Paris.

En 1969, il crée avec Pierre Braunberger et Anatole Dauman le Groupe de Recherches et d'Essais Cinématographiques (Grec) destiné à produire de premiers courts métrages, avec le soutien du CNC.

Au cours de sa longue carrière, Rouch, réputé pour son agilité intellectuelle et son don de la parole, enseigne inlassablement le cinéma en France, en Afrique, aux États-Unis et réalise près de cent vingt films. Il suscite de multiples vocations de cinéastes à travers le monde. Il anime pendant des années le séminaire "Cinéma et Sciences Humaines" à la Cinémathèque Française en collaboration pédagogique avec l'Université de Paris X - Nanterre, où il crée le premier DEA en Études cinématographiques de France.

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Influencé par Dziga Vertov et Robert Flaherty, Jean Rouch est l’un des pères fondateurs du cinéma direct. Il est une source d’inspiration et une constante référence pour les réalisateurs de la Nouvelle Vague. Président de la Cinémathèque française pendant cinq ans (entre 1986 et 1991), il est en 1993 lauréat du Prix international de la paix. Son œuvre, couronnée par de nombreuses récompenses prestigieuses, s’inscrit dans l’histoire universelle du cinéma.

Au cours d’une ultime mission au Niger, le 18 février 2004, à la tombée de la nuit, à 16 kilomètres de la ville de Birni N'Konni sur la route de Tahoua dans l’Est du pays, Jean Rouch est victime d'un accident de voiture mortel. Il désirait être incinéré, mais le Niger interdit les crémations. Il repose dans une tombe dans l'ancien cimetière chrétien de Niamey.