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Almoustapha Tambo

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" Le modernisme peut tout nous prendre, sauf nos rêves et nos fantasmes. " 

Almoustapha Tambo est né vers 1968. Il est instituteur dans une école de brousse à Ikirkiwi Ibizgan, non loin d'Agadez, où non seulement il enseigne mais où il héberge également des enfants isolés ou orphelins. Almoustapha Tambo est aussi artiste : il peint durant l'essentiel du peu de temps libre qui lui reste. Almoustapha est touareg et puise son inspiration dans cette identité.
Son style est réellement très particulier : de grandes lignes fines et précises qui donnent à ses personnages une allure élancée et distinguée. Un personnage central au milieu de formes plus spectrales, ou peut-être rendues indistinctes par le sable du désert. Une action souvent en cours, dont les mouvements sont tangibles. L'atmosphère de ces dessins est vécue, nostalgique, intime.

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ALMOUSTAPHA TAMBO: mission de Tchirozèrine puis après le collège j'ai fait des études pour être enseignant.
Ma mère me gâtait. J'ai beaucoup aimé ma mère, et souvent j’ai pleurer tout seul de la voir travailler à longueur de journées pour sauver de la sécheresse  quelques têtes de chèvres.  Elle ne voulait pas mourir sans nous laisser un héritage.
Mon rêve était de combler ma mère. Je fus déçu car mon salaire très maigre ne me l’a pas permis J’avais un seul désir, avoir mon premier salaire et faire des cadeaux à tout le monde. Je n’ai jamais comblé ma mère comme je l’avais désiré.

Ma mère est morte en 1997  : POUR MOI ELLE NE DEVAIT PAS MOURIR, SURTOUT PAS .
Ma mère ne m’a jamais quitté ! Elle est  toujours présente.
Enfant, quand elle partait à la recherche d’un animal égaré et qu’elle ne rentrait pas vite, je restais devant notre case à scruter l ' horizon et poussais un  « ouf » de soulagement en voyant de loin sa silhouette sortir du brouillard ! Quel  BONHEUR !

Notre maison  à l’époque constituait le centre. Tous les jugements se faisaient chez nous et souvent les gens venaient s' installer  tout prêt pour chercher protection. Pour la plupart c’étaient des familles sans ressources ou des personnes âgées. Ma mère prenait tout et partageait avec tous.
Mon père aussi nous chérissait beaucoup. C'était un homme très connu Il était goumier. Nous le voyions très peu car il passait beaucoup de temps à sillonner le désert du Niger, de l'Algérie  au Mali. Quand il rentrait,  il ramenait beaucoup de cadeaux : nous étions heureux. Il  nous donnait, tous les matins, durant une heure, des conseils pour que nous soyons des enfants studieux. Il voulait que, plus tard, nous devenions de grands hommes.

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Lui aussi vient de partir,  j'en ressens un grand vide.
Aujourd’hui tout cela est terminé et il ne reste que les ruines de notre maison à Tchirozérine.Tout a commencé à se briser avec l'avènement de la première rébellion touarègue où ma mère s’est vue impuissante face à ces militaires qui arrêtaient ses enfants et tiraient tous les soirs à côté des cases. Le campement se cassa juste à sa mort et tous, nous sommes partis, chacun de notre côté . A ma sortie en tant qu’enseignant,  on m’affecta dans une région haoussa au sud du Niger ou je passais 8 ans.

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