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Abdallah ag Oumbadougou

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Abdallah Ag Oumbadougou, né vers 1962 à Tchimoumouneme près d'Agadez (Niger), est un guitariste touareg. Il achète sa première guitare à l'âge de 16 ans et apprend la musique en autodidacte.

Les décennies 70-80 sont marquées par une grande sécheresse et par une marginalisation croissante des Touaregs au Niger et au Mali en particulier, provoquant l'exil des jeunes Touaregs, les ishumars, vers la Libye et l'Algérie, à la recherche d'un travail et d'un avenir meilleur. Abdallah fait partie de ces exilés, et part en 1984, avec deux amis pour l'Algérie. Le voyage est périlleux, il leur faut traverser le Sahara d'Arlit jusqu'à Tamanrasset, à pied, clandestinement.

Ils mettent 27 jours et manquent de mourir de soif. Parvenu à Tamanrasset, Abdallah trouve un travail et continue à jouer de la guitare le soir pour ses amis. Mais 7 mois plus tard, il est arrêté par la police, renvoyé au Niger et jeté en prison. Deux jours à peine après sa libération, il repart pour l'Algérie, cette fois-ci à Djanet, vers la frontière libyenne. C'est fin 1986, qu'il rejoint les camps d'entraînement de Mouammar Kadhafi où il va rester 45 jours, le temps nécessaire à sa formation et à son acceptation au sein de la Libye.

Tous les soirs, il joue pour animer le camp en compagnie d'autres guitaristes. C'est la naissance du premier groupe Takrist n'Akal (signifiant Construire le pays) qui appelle à l'unité du peuple touareg. En 1987, avec la mort du général Seyni Kountché, et l'arrivée au pouvoir d'Ali Saïbou qui promet l'amnistie aux exilés, il rentre au Niger. Il est alors invité à jouer avec son groupe pour le prix Dan Gourmou. Mais trois jours après le concert, tous les musiciens du groupe se font arrêter, et Abdallah connaît de nouveau la prison pendant 21 jours. À sa sortie, il décide de repartir pour la Libye avec un des membres du groupe, Sidi Imilawet.

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Avec la signature des accords de paix le 24 avril 1995, Abdallah rentre officiellement au Niger. Une foule l'attend à l'aéroport de Niamey pour l'acclamer. Il donne alors un grand concert au Palais des Congrès de Niamey.

En 1995, il sort également son premier album, financé par Maman Abou et enregistré au Bénin, à Cotonou. En 2002, c'est la sortie d'Imawalen, album enregistré à Niamey. En 2004 il sort Afrikya, enregistré à Brest, disponible au Niger.

Depuis, Abdallah utilise sa notoriété pour préserver la culture touarègue. Il a ainsi fondé l'association Takrist n'tada, qui défend les droits des jeunes artistes et construit des écoles de musique pour apprendre aux jeunes filles à manier l'inzad, une vielle monocorde traditionnelle touarègue. Il a également construit deux écoles de musique : une première à Arlit, en 2000, et une seconde en 2003 à Agadez.