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Issaka Daboré

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Issaka Daboré est un boxeur nigérien né en 1940 à Dingazi, ancienne gloire de la boxe nigérienne, Issaka Daboré a été consacrée au « panthéon » des sportifs africains. Il a reçu un trophée spécial, décerné par la Convention internationale du sport en Afrique, en marge des la semaine internationale du sport à Marrakech du 17 au 19 mars 2011

Dénommé « Trophée spécial CISA 2011 », cette récompense est dédiée au meilleur pugiliste nigérien, Issaka Daboré, également premier africain à avoir arraché une médaille de bronze lors des Jeux olympiques de Munich en 1972. Durant sa carrière sportive, débutée à l’orée des années 1950, il a servi d’exemple, pendant toute une génération, à la jeunesse ouest africaine. Le vieux Daboré comme il est affectueusement appelé dans le milieu sportif nigérien,  a arboré l’unique médaille du Niger aux Jeux olympiques, alors que le Niger participe régulièrement  à ces Jeux depuis son accession à l’indépendance en août 1960. Cette médaille de bronze couronne la croisière sportive d’un boxeur qui  l’avait déjà ratée lors de divers combats au cours des éditions précédentes, comme en 1964, lors de sa première participation aux Jeux olympiques à Tokyo.

Natif de Dingazi-banda, petit village situé à une centaine de kilomètres à  l’ouest de Niamey, Daboré a enfilé sa première médaille (bronze) à Abidjan, à l’issue des Jeux de l’amitié, qui regroupaient  tous les pays d’Afrique francophone. Deux ans  plus tard, en 1960,  il obtint sa première médaille d’or à Dakar ( Sénégal). L’ancienne gloire sportive a connu sa  première défaite, lorsqu’en décembre 1958,  un Voltaïque ( actuel Burkinabé) du nom de Balima l’avait  battu aux points.  Mais celui-ci  s’est lui-même entendu conter cette victoire, tant il a pris de sérieux coups  de la part de Daboré. Retiré des rings une première fois en 1973 avant une timide reprise en 1980- alors qu’il était quadragénaire- Daboré a exercé le métier de  coursier  au ministère de la jeunesse et des  Sports dont il est retraité depuis une dizaine d’années. Il vit  aujourd’hui, reclus dans sa modeste maison en banco, au quartier Abidjan-Nord de Niamey, où il n’a que pour seule source de revenu sa médiocre pension d’auxiliaire de la Fonction publique assortie d’un pécule de 50.000 FCFA mensuel, octroyé parce que le stade de Banifandou 1, à la lisière de Niamey, a été baptisée du nom de Daboré par le Comité olympique nigérien. Et pourtant, 50 ans après la première participation du Niger aux Jeux olympiques, Daboré reste l’unique médaillé olympique de son pays. Surnommé  le «Aradou » des rings (dieu de la foudre en langue houassa), selon une des chansons qui lui était dédiée par l’artiste Mamane Garba,  ce septuagénaire, partage aujourd’hui son temps entre les travaux champêtres et la  lecture du saint Coran. Polygame- il était marié à trois femmes-, et père de plusieurs enfants, l’ancien pugiliste devra se consoler à demi-teinte :  en décembre 2005, son fils  Boubacar Daboré junior, un jeune sous-officier militaire, a remporté l’unique médaille d’or du Niger, à l’issue des 5èmes Jeux de la Francophonie à Niamey.